Coups de griffe

Publié le par Zenitud

Je me rappelle avoir discuté l’été et l’automne dernier, avec quelques économistes et stratégistes de renom, certains travaillant dans de grandes banques. D'autres intervenaient sur les télévisions pour exprimer leurs points de vue.

La plupart des réactions face aux premiers soubresauts des marchés étaient que les investisseurs paniquaient alors qu’il n’y avait pas de raison. La crise du subprime était limitée, délimitée, chiffrée et elle ne remettait pas en cause la poursuite de la croissance économique, la hausse des marchés.

A mes doutes et mes interrogations, ils balayaient mes objections d’un revers de la main.

Il ne s’agit pas de dire ici que, moi, j’ai toujours raison, et que je suis grand et fort. En tant que trader, je sais que la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Et j’ai appris à maîtriser mon ego.

Par contre, il serait sain que la plupart de ceux qui se sont trompés n’hésitent pas à venir faire amende honorable. Reconnaître une erreur n’est pas selon moi une preuve de faiblesse. Bien au contraire. Reconnaître une erreur c’est le début d’une saine thérapie qui consiste à essayer de comprendre comment la grille de lecture que l’on utilise n’a pas fonctionné. C’est donc remettre en cause les outils que l’on utilise pour essayer d’en trouver de nouveaux, ou d’affiner les existants, afin d’être plus performant la prochaine fois que l’on rencontrera une situation que l’on ne maîtrise pas, ou que l’on maîtrise mal.

Un trader agit de cette manière. Lorsqu’il se trompe, il cherche à comprendre les raisons de son échec (je parle sur une série de trades bien entendu, pas sur un trade unique).

Accepter ses propres failles, reconnaître ses faiblesses n’est sûrement pas facile. Le sentiment de perdre son crédit (ce qui peut devenir rapidement un problème par les temps qui courent) peut pousser à s’enfermer dans ses propres dénégations.

Mais le plus ennuyeux c’est quand l’on retrouve aujourd’hui ces mêmes intervenants qui vous expliquent le déroulement de la crise, les yeux dans les yeux, sans ciller.
Aussi peu de mémoire, ou autant de sélectivité, ne cessera de me surprendre.

Publié dans Divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article