Goldman a dit...

Publié le par Bernard Prats-Desclaux

Le 4 septembre dernier, Stuart Kaiser, stratégiste chez Goldman Sachs, la grande banque d'affaires américaine, a recommandé aux clients de sa banque, et aux autres investisseurs, de sortir des marchés actions ou de couvrir leurs positions longues en raison de probables déceptions à venir, à quelques jours des allocutions des grands banquiers centraux (Reserve Fédérale américaine et Banque Centrale Européenne).

Instantanément ou presque, la nébuleuse internet a bruissé des rumeurs classiques qui colportaient la théorie du complot: si Goldman Sachs annonce la baisse des marchés, c'est qu'ils souhaitent passer à l'achat. La plupart des intervenants et commentateurs de marchés se sont donc plutôt moqué des propos de Stuart Kaiser. Moqués mais gentiment, on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Certains allant même jusqu'à dire qu'il était temps de passer long sur les grands indices américains, le S&P500 notamment, car Goldman Sachs étant connu pour être sans pitié, ils en déduisaient que "La firme" accumulait des positions contraires.

Un peu plus d'un mois après cette annonce, il est intéressant de regarder ce qu'il est advenu sur les marchés depuis cette annonce. En effet, si l'actualité nous force au zapping, revenir en arrière, prendre du recul, observer sereinement ce qui a été dit et ce qui s'est produit, permet de mieux appréhender le flux de news constant dont nous sommes bombardés en s'inculquant une rigueur dans la démarche d'analyste.

Des six grands indices (3 européens et 3 américains), trois d'entre eux ont fait leur sommet le ... 14 septembre (l'eurostoxx50, le CAC40 et le S&P500), deux autres le 21 septembre (le nasdaq100 et le Dax30) et enfin le dernier (Dow Jones IA) le 8 octobre.

Depuis son point haut, le S&P500 a perdu plus de 4%, le CAC40 plus de 5%. No comment donc...

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Il est surprenant que les super pouvoirs, attribués à Goldman Sachs, une sorte d'IronMan de la finance, souvent dénommé "La Firme" ne soient pas plus débattus en cette fin octobre. D'autant plus qu'à cette période, début septembre, les marchés étaient plutôt en phase de douce euphorie, portés par les certitudes que si l'économie fonctionnait au ralenti, que si la croissance était quasi nulle partout, les liquidités qui allaient être injectées dans les marchés par les grandes banques centrales, suffiraient à redonner vigueur et tonus aux graphiques boursiers, marchés actions, matières premières et actifs risqués. Pourtant Goldman a dit...

Certains commentateurs avaient même relevé le 14 septembre que, en dépit des conseils de Stuart Kaiser, la plupart des indices actions finissaient la journée en hausse. Pourtant...

Il existe un dicton boursier "Don't fight the Fed" (Ne combat pas la Fed) qui signifie tout simplement que lorsque la Reserve Fedérale Américaine décide d'injecter ou de retirer des liquidités du marché, pour le stimuler ou le ralentir, il ne faut jamais s'y opposer dans ces choix d'investissements.

Le 14 septembre 2012 marquera-t-il le début d'une nouvelle ère, d'un nouveau dicton boursier dont sont si friands les financiers: Don't fight Goldman!!!

Publié dans Finance & Economie

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